Jeunesse se fâche : 4 ingrédients pour faire reculer les injustices
Le 27 et 28 juin dernier, Le Collectif Jeunesse se fâche, rassemblant 12 jeunes adultes de toute la France, a organisé en plein épisode caniculaire un temps politique de rassemblement pour faire concrètement avancer les luttes du collectif, intitulé Freedom Summer.
Année après année, jeunesse se fâche continue de faire reculer 2 injustices majeures qui brûlent les rêves d’émancipation d’une partie des jeunesses françaises : la précarité économique et les discriminations racistes systémiques.
Outre le fait de permettre de travailler la montée en compétence de chacun·e et de travailler la stratégie du collectif, ce rassemblement a nourri la question de l’espace de l’engagement, l’espace où on renoue avec un esprit de lutte, l’endroit où on reprend de ouf de l’espoir, un espace de ressources, un espace pour passer la flamme ....
Le point de départ de ce week-end a été de poser un regard collectif sur le chemin parcouru par Jeunesse se fâche depuis sa création en 2021, avant de dessiner les prochains mois. En 48 h, on vous raconte comment avec quatre ingrédients - repartir de nos vies, se tourner vers l’extérieur, rester créatif·ve et s’organiser – on est passé de l’un à l’autre !
Premier ingrédient : re-partir de nos vies…
Il y a ces temps où l'on partage les échos de nos vies quotidiennes des injustices que pointent Jeunesse se fâche. Quelles sont les conséquences du racisme au quotidien qui t’abîme psychologiquement ?
O., commercial en porte-en-porte raconte comment il a quitté son taf. Parce que ça me rendait fou…
S. à son tour parle de son expérience dans un EHPAD, La flemme d’être avec des racistes, on les lave, on les change … finalement j’ai démissionné.
Sur la précarité, on a entendu quand tu es étudiant et que tu ne peux jamais, jamais, jamais économiser, ou de nombreuses réflexions sur comment penser son insertion professionnelle en réfléchissant au salaire qui te permettra d’allouer une partie de ton revenu au soutien économique de ta famille....
Deuxième ingrédient : se tourner vers l’extérieur.
Il y a ces temps où on se prépare à « sortir du collectif ». Pour cela, deux ateliers en parallèle ont été organisé. Sur la lutte contre le racisme et la bataille culturelle, on se partage un outil créé par le collectif pour nommer et combattre collectivement le racisme, et partager des observations que nous faisons de là où nous sommes. Côté plaidoyer sur les revenus des jeunes, on se prépare à une négociation avec le ministère du Travail et des solidarités pour porter l’injustice de la prise en compte des revenus des jeunes dans le foyer fiscal de nos parents qui bloque notre élan à nous émanciper : solidarité familiale obligée (voir tribune). Enfin, on rencontre une élue, Valentine Porsche, pour partager avec elle nos stratégies de lutte. On retient qu’avoir un pied dedans et mille pieds dehors c’est une manière de rester ancré dans ce qui se passe dans la société civile, et c’est aussi une manière d’être élue qui nous plaît bien !
Troisième ingrédient : la créativité.
Il y a un temps où on prépare avec nos têtes et nos mains la prochaine campagne d’affichage du collectif pour nous rendre visibles tout en faisant front à la montée du racisme qui gangrène le débat public. Le racisme n’est pas une option et il désagrège notre société, et ça nous tient à cœur d’en faire l’écho dans l’espace public. C’est David Régnier qui prend en main et en peinture ce temps avec nous au service de nos idées.
Quatrième ingrédient : l’organisation.
Enfin, il y a un temps où une fois qu’on a pensé la stratégie, qu’on a imaginé les pas d’après, il reste à construire les actions futures en fonction des opportunités qui s’offrent à nous. On se répartit les tâches en fonction de nos appétences, de nos forces, de nos envies et de nos agendas bien remplis, on bloque des dates, on bloque des rendez-vous, bref, on s’organise !
En plus de donner au collectif l’élan pour faire les prochains pas, ces 48h auront resserré des liens déjà forts entre nous. On aura pris le temps de danser, de jouer au tarot africain, de prendre des nouvelles des absents, de faire des trends sur TikTok.. C’est une véritable communauté qui continue de s’instaurer là, de proche en proche, malgré les km et avec des vies chargées. On repart avec de la reconnaissance : J’ai cherché longtemps … il s’appelle comment ce sentiment déjà ? la reconnaissance, ça faisait longtemps, la hâte de se retrouver, le sentiment de servir à quelque chose, et la certitude d’avoir plus de billes pour rencontrer celles et ceux qui ont du pouvoir. A suivre...
Merci à Dounia, Rim, Mouna, Memouna, Oumar, Sarah, Nassi, Kipptua, May, Noemi, Jérôme, Fabrice, Lucile et Cécile !