Organiser une balade alimentaire

Pour amplifier un mouvement de démocratie alimentaire notamment avec des personnes éloignées des cercles militants.

Pourquoi organise-t-on des balades alimentaires ?

AequitaZ est une association qui vise à rendre un effectif un droit à l'alimentation, c'est à dire pour chacun.e d'avoir une alimentation choisie et de qualité. En tant que citoyen.ne, nous pouvons y contribuer en nous engageant dans une transition alimentaire, c'est à dire un processus par lequel nous décidons collectivement de notre façon de produire et de consommer des aliments. Il n'y aura pas de transition socialement juste sans la reconnaissance et la contribution de tous.tes, ni de transition écologiquement juste sans une prise en compte de notre impact sur le vivant et les générations futures.

Nous organisons des balades alimentaires pour amplifier un mouvement de démocratie alimentaire, notamment avec des personnes plus éloignées des cercles militants. Les balades alimentaires permettent de :


→ Documenter les injustices alimentaires vécues par les habitants

→ Donner aux citoyen.nes l'envie et l'opportunité de contribuer à une transition alimentaire juste, de porter des idées et des propositions dans l'espace public.

→ Créer des collectifs mixtes, en capacité de dialoguer avec les institutions et porter un plaidoyer local.

Au cours de ces balades alimentaires, les participants peuvent identifier des lieux de distribution / transformation / production qu'ils ne connaissent pas, se donner des "tuyaux" pour mieux manger (même avec un petit budget) mais aussi comprendre les injustices alimentaires de leur quartier et s'engager dans un grand mouvement collectif pour le droit à l'alimentation. L'exploration est un temps à la fois ludique et instructif, ouvert à tous·tes. Nous avons besoin de la contribution de tous·tes, et en premier lieu de celles et ceux qui galèrent pour (bien) manger ! C'est pourquoi, nous pensons des formes de mobilisation "fines" pour réussir à mobiliser des personnes n'ayant ni l'habitude, ni le goût des réunions "classiques"...

Comment organise-t-on des balades alimentaires ?

Ces étapes sont un récit de ce que l'on a mis en oeuvre à Grenoble, le résultat d'un métissage de différentes approches. Libre à vous de vous en inspirer et surtout de continuer à inventer des formes adaptés à votre territoire, aux personnes ciblées, etc...

1.     Identifier des partenaires intéressés par organiser une balade alimentaire, et avoir des relais de mobilisation.

2.     Identifier un parcours. Au cours d'une rencontre avec les partenaires du territoire concerné, avec une carte vierge du secteur, lister les lieux où l'on distribue, produit, transforme ou parle d'alimentation, puis tracer un parcours d'environ 1h30, avec des étapes et lieux de passage.

3.     Créer un petit guide auto-porté pour les groupes d'habitants.

Notre approche est inspirée de :

→ Paysages alimentaires (Food-transect). Nous entendons par "paysages alimentaires" les magasins d'alimentation, marchés, restaurants, mais aussi des espaces de production et de transformation, ainsi que les communications à visée commerciale (publicités, prix...).

→ Styles alimentaires. Nous entendons par "styles alimentaires"[1], les raisons qui guident les choix alimentaires de différents publics. Il existe une logique "budgétaire" où ce qui guide le choix et le parcours est l'économie en argent, une logique "relationnelle ou récréative" où l'on cherche des lieux pour se rencontrer ou se divertir, une logique "efficace" qui est un ratio entre l'argent et le temps (surtout lorsqu'on en a peu), une logique "qualité des produits" (ou engagée politiquement), une logique d'évitement où l'on évite certains lieux que l'on trouve in sécurisants ou "pas pour nous".

C'est pourquoi nous avons défini des parcours et proposé des « lunettes » avec lesquels regarder l'alimentation dans le territoire. (cf. Annexe 1 - Guide des balades)

4.     Choisir le "bon jour" et la "bonne heure" et avoir une stratégie de mobilisation des habitants. Choisir un lieu d'accueil des participants qui sera le départ de la balade, éventuellement un lieu d'arrivé différent. Chacun de ces lieux doit pouvoir être un lieu d'accueil où nous partagerons un café / thé / tisane, présenterons la balade, et où nous pourrons partager nos étonnements et constats en fin de balade.

Participez à la balade alimentaire de (nom du quartier) !

L'alimentation est importante dans nos vies ! On passe du temps à faire des courses, on se creuse la tête pour faire nos meilleures recettes, on a plaisir à partager un repas... et parfois aussi on galère pour boucler les fins de mois, trouver le temps ou les produits que nous voulons cuisiner... En fonction de nos revenus ou du quartier dans lequel nous habitons, nous n'avons pas accès aux mêmes magasins, marchés, lieux de restauration, lieux de solidarité alimentaire...

Nous vous invitons à partager avec nous "une balade alimentaire", c'est à dire une exploration curieuse et joyeuse, de notre quartier du point de vue de l'accès à l'alimentation. C'est mercredi ….......... à partir de 14h00 (et jusqu'à 16h30-17h00), rendez-vous à la place Jean Jaurès (adresse), et c'est ouvert à toutes et tous à partir de 12 ans. Contacts / inscription...


5.     Réaliser la balade alimentaire. La balade se fait en « petits groupes », de 10 personnes maximum, 6 idéalement (mais demande à avoir plus d'animateur·trice, et peu compliquer l'organisation de rendez-vous avec des structures qui nous accueillent). Au cours de la balade, il peut être proposé aux participants des temps de discussion, mais aussi de prendre des photos qui seront collectées suite à la balade.  Nous serons également attentifs à collecter les mots "justes" et les images des participants pour décrire les injustices alimentaires vécues ou constatées.

6.     Debriefing et valorisation de la balade alimentaire. Il faut compter entre 2h30 et 3h00 pour une balade alimentaire, incluant l'accueil et le débriefing. Nous pouvons aussi imaginer une balade et un debriefing à un autre moment (pas trop longtemps après, une semaine par exemple). Nous avons réalisé à Grenoble des cartes présentant le parcours, décrivant des « lunettes » que nous avons attribué collectivement et des verbatims de participant·es. Ces cartes sont un support de discussion suite aux balades mais aussi de plaidoyer local.

1 Des paysages alimentaires vécus diversifies. Une analyse par les pratiques d’approvisionnement alimentaire des ménages, Simon Vonthron, Coline Perrin, Christophe Toussaint Soulard, bsglg, 83, 3 juillet 2024


Télécharger la fiche outils
Soulignement du bouton