Alimentons la controverse

Prenant appui sur des balades alimentaires menées dans différents quartiers de Grenoble, des grenoblois·es mettent en cartes et en mots les débats qui animent l’accès à une alimentation de qualité et choisie pour tous. Ensemble, construisons un récit ancré et populaire de la transition alimentaire à Grenoble !

Nos intentions

Documenter les injustices et les styles alimentaires, cartographier les paysages alimentaires à Grenoble, à partir de différents points de vue, en allant notamment interroger des personnes hébergées, des personnes vivant des parcours de migrations et des bénéficiaires de l'aide alimentaire. Ce n'est qu'à partir du réel que nous pouvons inventer des suites désirables.

 → Animer la démocratie alimentaire 1 par des controverses et faire progresser le débat et les politiques publiques. Cultiver l’élan pour le droit à l'alimentation qui embarque des personnes au delà des cercles de militants est un travail important si nous voulons que la transition alimentaire ne soit pas  un modèle imposé d'en haut mais le fruits de délibération qui associe et confronte des points de vue divergents sur le sujet.

 → Créer et mettre en forme un(des) récit(s) de transition alimentaires justes2. Nous sommes convaincus que chacun.e peut contribuer à dessiner une évolution de l'alimentation à Grenoble et à modifier les rapports de force, à partir de son vécu et en intégrant les grands enjeux sociaux et environnementaux pour en faire une parole collective et citoyenne.

Méthodologie et participants

→ 46 participants aux 7 balades alimentaires (4 secteurs) organisées

→ Dont une majorité de militants et professionnels

→ Mais une quinzaine de personnes qui galèrent pour avoir une alimentation choisie et de qualité

→ Une quinzaine de structures de la transition et des solidarités alimentaires visitées (merci!)

Les cartes des balades alimentaires

Les cartes des balades alimentaires des secteurs 1, 4, 5 & 6

Les verbatims

A Grenoble,

Il existe des lieux pour tout le monde pour manger et acheter de quoi cuisiner.

Il y a des épiceries et coopératives associatives, des marchés de plein vent, des super-marchés, des commerces de proximité, des traiteurs, des restaurants, et même des commerces informels dans des familles marocaines ou congolaises qui cuisinent pour pas cher, et des jardins partagé ou adopté ou suspendus : « Au début, les jardins étaient au sol, mais c'était trop pollué avec l'ancienne voie ferrée, alors ils ont mis des bacs »

A Grenoble,

Il y a des lieux pour tout le monde... mais pas forcément les mêmes lieux pour toutes et tous... Il y a ceux qui ont le choix, et ceux qui doivent déployer des trésors d'imagination

                   pour pouvoir manger,

                                   ou pour manger comme on le souhaite, ou s'en approcher...

ll y a ceux  qui doivent « se lever tôt ou venir à la fermeture du supermarché, car ils font les cageots de légumes à 1€  », ceux qui disent « je ne mange qu'une fois par jour,... une patate dans du pain avec de la mayo par exemple  » et ceux qui disent « je trouve parfois des légumes pas beaux, pas chers, par exemple des navets énormes à 50 ct / kg  ».

Pour tous ceux là, il y a des brigades de solidarités, des lieux de distribution alimentaire, des bénévoles qui se démènent avec gentillesse, qui font ce qu'ils peuvent, avec ce qu'ils ont...« Le lait se fait rare, c'est notre fortune  ! On arrive à en donner 1 litre, pour les grandes familles, pas plus »

Il y a aussi des lieux où on peut « venir pour lire le journal... et boire un café à 1 €. Vraiment bon, torréfaction brulerie des Alpes  ! » et des restaurants pour personnes âgées « où pour 5€, on a un seul menu, les tripes que les cantines ne veulent pas, on adore  ! En plus, c'est climatisé et on peut jouer au scrabble avant le repas ».

Et puis, il y a des dizaines de controverses... qui sont autant de chemins et de pistes à explorer ensemble pour aller vers une alimentation choisie et de qualité  !

Il y a ceux pour qui « Le vrac me rappelle quand j'étais petite  ! » et ceux qui disent, devant les distributeurs de vrac alimentaire « Ah, mais ils n'ont qu'un seul ou deux modèles pour chaque produit !»

Il y a ceux qui disent «  Dans ce kebab, je n'y mettrais pas les pieds  » et ceux qui disent «  Moi, j'y vais des fois, ça me dépanne bien  !  »

Ceux qui disent devant une épicerie de quartier «  ça sent la friture, je n'y mettrais pas les pieds  » et ceux qui se régalent «  d'un beignet africain tout chaud tout bon  !  »

Ceux qui habitent des quartiers où ils trouvent de tout, dans leur budget et à proximité de chez eux et ceux qui « sont en colère, car depuis que le Lidl à brûler, on n'a plus de commerce dans le quartier  »

Ceux pour qui le supermarché, c'est la panacée, ceux qui se sont perdus dedans quand ils étaient petits et en sont restés marqués et ceux pour qui ils représentent addiction à la consommation et perdition  !

Enfin, ceux qui ponctuent une discussion par un propos qui semble définitif :

«  T'as pas beaucoup de temps / T'as pas beaucoup de sous / Tu fais l'impasse sur la qualité  !  »

… à moins qu'on soit capable collectivement de faire mieux que le chacun pour soi, en fonction de son budget ou de son lieu d'habitation  !

* En gras, des verbatims entendus lors des balades alimentaires...

Les controverses

Retrouvez ici toutes les controverses qui ont émergées lors des balades alimentaires et lors de la journée du 27 juin 2025

Les dessins sont d'Alice Meybeck

Nos derniers projets

L'après-midi du 27 juin pour faire avancer la démocratie alimentaire sur Grenoble !

Le compte rendu de l'après-midi du 27 juin 2025

Des ateliers de construction d'un récit ancré et populaire à partir de septembre (rejoignez-nous jeromebar@aequitaz.org)






 1 « La démocratie alimentaire désigne une volonté et une revendication des citoyen.ne.s à reprendre le pouvoir sur la façon d’accéder à leur alimentation, en lien avec le modèle agricole qui la produit » (Tim Lang, 1998)

2 La transition alimentaire désigne, dans son acception globale, le processus par lequel une société modifie sa manière de produire et de consommer des aliments. Nous parlons d'une transition alimentaire juste socialement parce qu'intégrant l'implication et la reconnaissance de tous dans les décisions sur les changements nécessaires comme dans les modifications de comportements alimentaires et d'une transition juste pour les écosystèmes, c'est à dire qui passe par une plus grande consommation de produits locaux et de saisons et par une réduction globale de la consommation de viande, etc...

Nos formations

Créer un collectif et agir pour le droit à l’alimentation

→ Comment impulser localement des groupes d’habitant·es et/ou de producteur·ices capables de faire entendre leur parole sur ce sujet ?


→ Ensemble, comment comprendre le contexte local et agir collectivement pour faire bouger les lignes ?


→ Quels leviers activer pour progresser vers une alimentation choisie et de qualité pour tous.·tes ?

Découvrir la formation

Nos positions